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Archive pour janvier 2009

NOTES SUR LE CAFÉ MARRON

Le café Marron entre dans l’histoire en 1711 avec la visite du secrétaire général de la Compagnie. Mais il est évident que les habitants avaient déjà reconnus et identifié cette espèce dans les bois des hauts de l’île.

Identifié comme un café encore faudrait-il qu’il ait vu ce qu’était un caféier tout en sachant que le seul café était celui d’Arabie. L’histoire garde en lui ses secrets et si les armements de Saint-Mâlo présentés dans la communication précédente précise ou ne précise pas des allusions concernant le café marron, on peut supposer que les habitants de l’île auraient été appelé à déduire de l’existence d’un caféier sauvage quand on sait qu’à cette époque des navires qui venaient de l’Asie ou d’ailleurs passaient à Bourbon soit pour faire relâche soit pour y déposer des personnages importants de la Compagnie. D’autre part, des dialogues auraient pu avoir lieu même si aucune branche aucun grain n’ai été montré aux habitants. Il faudrait alors voir du côté des habitants si parmi eux certains auraient pu avoir l’occasion de voir des caféiers.

 

Louis Boyvin d’Hardancourt se documente sur le café à Pondichéry où il existe des ouvrages sur le café d’Arabie et sur les techniques de plantations. On sait aussi, qu’il a vu des caféiers qui étaient cultivés chez Cuperly conseiller audit lieu et chez Labat, autre agent de la Compagnie, à Hougly dans le Bengale. (op. cit. page 60/ l’île Bourbon pendant la Régence).

Peu avant le passage d’Hardancourt, Parat, qui devient Gouverneur de l’île en avril 1710 revient de Pondichéry ou il officiait en en tant que Lieutenant de Garnison de Pondichéry. Ceci est un des nombreux exemples de relations entre Pondichéry et Bourbon et de transferts de personnes entre ces deux colonies. Il est possible que si les caféiers existent à Pondichéry que des personnes auraient eu la facilité d’identifier celui de Bourbon avant d’Hardancourt et donc avant 1710 par rapport aux espèces vues à Pondichéry.

Louis Boyvin d’ Hardancourt d’ailleurs, aurait lors de son passage à Pondichéry invité Cuperly à faire passer des plants de Pondichéry à Bourbon par la première occasion.

(Mémoire de M. Hardancourt AG, A1 2565 pages 132-133)

Albert Lougnon doute que cet ordre ait été suivi car Parat n’en fait aucune allusion dans ses rapports.

I Récit du voyage d’Hardancourt à Bourbon

Louis Boyvin d’ARDANCOURT est chargé d’une mission, en effet, il devait en qualité de commissaire général rapporter aux directeurs de la compagnie une connaissance de l’état de leurs affaires.

Partis de Saint-Malo en janvier 1710, les quatre vaisseaux atteignent Pondichéry puis reprend la mer 7 mois plus tard.

L’escadre comprenant le Maurepas, le lys Brilhac, le François d’Argouges et l’Auguste s’arrête à Bourbon le 20 avril 1711 et y séjourne jusqu’au 3 septembre  1711.

Hardancourt profite de sa longue escale pour s’informer de tout.

Au cours d’une excursion dans les environ de Saint-Paul, en compagnie de Jacques Auber et de quelques esclaves, il s’aperçut que l’île possédait un caféier indigène.

« Au sortir des bois, écrit-il, un des noirs se trouvant avoir dans la poche de sa soutenille (sic) des graines, je lui demandai où il les avait prises. Il me dit qu’apparemment passant au travers des bois dans les chemins que nous avions pratiqués, qu’il fallait qu’elles fussent tombées dans sa poche. Le sieur Auber me demanda si je connaissais ces graines*. Je lui dis que c’est du café sauvage… Nous retournâmes sur nos pas et nous trouvâmes les arbres caféiers sauvages, de la hauteur de dix et douze pieds**, remplis de fruits dont le café des gousses qui était en maturité tombait à terre***, d’autres dans leurs gousses et les autres en fleurs**** d’une agréable odeur. J’en fis ramasser le plus qu’il fut possible, dont je fis faire deux petits ballots que je rapportai en France pour en connaître la qualité. Ce café est un peu plus gros que celui de Moka et pointu par les extrémités. »

Extrait du mémoire d’ Hardancourt

Citation page 61

Albert Lougnon « l’île bourbon pendant la Régence »

*Dans le dialogue, tout pousse à croire que si la question vient de Jacques Auber c’est qu’il doit connaître ou avoir vu cette espèce.

Le café Marron abonde dans les forêts des hauts, on a sûrement parmi les habitants déjà remarqués

**Ayant q’une partie du document et sachant qu’aucune espèce n’était connu à cette période à partir le café de Moka, il est surprenant de voir cette déduction et d’affirmer que c’est du café sauvage. On sait qu’il a passé à pondichéry beaucoup de temps à analyser les documents qui existent au sujet du café d’arabie. Il a usé d’une dextérité dans son affirmation en ayant ses raisons donc ! le grain de café moka et de café sauvage a quelque chose en commun ! une « gousse » qui renferme deux graines !

***Connaissant le café marron, la graine une fois mûre tombe au sol sans difficulté contrairement au café de moka qui commence à sécher sur le pied avant sa chute.

La graine mûre est très fragile aussi le café sauvage est plus un café qui se ramasse qu’il se cueille.

****Cela est quand même étonnant que le café sauvage soit à la fois en fructification et en floraison  car il y a un décalage généralement entre la fructification et la floraison.

D’ailleurs la floraison de nos jours du café marron se fait au mois de janvier février

(Fait observé à l’Entre-Deux) or Hardancourt est dans l’île entre avril et septembre.

Peut-être que le climat de l’ouest favorise une floraison assez proche de la fructification !

1 pied correspond à 3.42 centimètre soit alors des arbustes mesurant entre 3 et 4 mètres

Mais au fait, qui est Jacques Auber ?

Il fait partie des 500 premiers Réunionnais et pour cela il est recensé dans le mémoire d’Antoine Desforges-Boucher dont le recueil sera édité sous le nom « Mémoire pour servir à la connaissance des premiers Réunionnais.

En faisant une lecture de dictionnaire des 500 premiers Réunionnais de Bernard Monge et de Jules Bénard (édition Azalée)- 1994.

Il ne s’agit pas ici de reprendre l’intégralité du texte le présentant cependant certains passage de cet ouvrage (dictionnaire des 500 premiers réunionnais) peuvent nous permettre de situer le contexte de sa rencontre avec le Secrétaire Général : Louis Boyvin d’Hardancourt.

Qui est Jacques Auber pour qu’il puisse avoir l’aubaine de conduire D’Hardancourt en expédition, qui est-il dans l’organisation de l’île à cette période ?

Jacques Auber dit l’Almanach :

« Menuisier né vers 1665 à Corzé en Anjou, il arrive dans l’île en 1689 par le Saint Jean Baptiste en provenance du Port-Louis en Bretagne.

Il se marie à Anne Launay le 27 juillet 1692, le couple résidant alors sur les sables de Saint-Paul. Employé au service de la Compagnie des Indes, il est libéré de sa charge lorsque Vauboulon est jeté en prison par des conjurés.

Il est alors engagé dans la milice puis devient Capitaine du quartier de Saint-Paul en 1703 et le représente au premier Conseil de Bourbon. »

Cit. page 73-dictionnaire des 500 premiers Réunionnais)

Plus loin dans le texte :

C’est en sa compagnie que l’ un des directeurs de la Compagnie des Indes, d’Hardancourt, aurait découvert les premiers caféiers indigènes de Bourbon. En raison de son sérieux, c’est à Auber qu’est confié le soin de tenter d’acclimater dans l’île, bien avant Pierre Poivre, les caféiers arabes, le poivre, la canelle.

En page 50, on apprend également que lors du passage d’Hardancourt à Bourbon en 1711, ce dernier lui confia des plants de café, de poivre et de canelle.

Ce qui est contradictoire, car Boyvin d’Hardancourt revient d’Arabie sans plant de café, les seuls plants de café introduits dans l’île arrivent par le Chasseur en 1715.

L’Almanach entre dans l’histoire du café sauvage comme un des personnages privilégié de cette découverte historique. C’est en la qualité de capitaine du quartier qu’il accompagne d’Hardancourt.

Consultez l’herbier de Lamarck (planche  P00308550)

 

 





LA VERITE SORT DE LA BOUCHE DES ANCIENS

Un jour j’ai demandé à ma grand-mère âgée de plus de 80 ans, qui a toute de même travaillé dans son jeune âge dans un champs de café au Tampon, as tu connu le café dont on parle tant aujourd’hui, un grain de café pointu ?

 

« Ah, le pti Leroy !, qu’elle répondit et oui depuis quand la mémoire orale aurait elle retenue le nom Bourbon Pointu qui est une pure invention !

 

Si Leroy existe il a existé dans le passé dans l’île car commercialisé au 19ème et au début 20ème siècle, on l’appelait bel et bien le café Leroy dans notre île.

 

Fier d’être Réunionnais, je supporte pas quand on désigne le raison marron vigne marronne, encore une fois, les médias, les pouvoirs politiques et scientifiques effacent un pan de notre patrimoine. Tapez Leroy sur internet sur serez surpris de la destination ! Bon voyage !



Fleur de café

fleur.jpg

Savez-vous que Bory de Saint-Vincent visita notre île en 1801.  Il a été émerveillé lors de son passage à Saint-Leu par l’allure d’un manteau de neige qui avait alors recouvert les champs de café. Ces champs étaient en pleine floraison !



Café pointu, mythe ou
réalité ?

L’association APN (les
Amis des Plantes et de la Nature), en collaboration avec “Azalées Edition”, a
présenté la semaine dernière le premier ouvrage produit par
l’association : “La Réunion et le café” écrit par Marc Rivière, membre du
conseil scientifique de l’APN et passionné de café et de son histoire.

 « Le café fait
partie du patrimoine de notre île, il faut le préserver »,
déclare Raymond Lucas, Président de
l’APN. L’association comprend des hommes et des femmes passionnés et actifs
dans la préservation du patrimoine floristique et culturel de l’île. L’APN
souhaite désormais laisser des traces de leurs recherches et de leurs résultats
pour les générations futures. C’est dans cette optique que M. Rivière a
écrit ce livre “La Réunion et le café” où il nous parle des différents cafés
présents sur l’île et de leur histoire.

Les différents cafés de La
Réunion

 MARC Rivière, pour écrire ce livre,
s’est inspiré d’un ouvrage d’Albert Lougnon qui a été son professeur d’Histoire
à l’époque. Pourquoi avoir écrit un livre sur le café ? M. Rivière
nous dit que
« le café a fait La Réunion, il
fait partie de notre patrimoine »,
il était
donc important pour lui de valoriser cette espèce végétale.

Selon
l’auteur, il existe plusieurs espèces et variétés de café à La Réunion. Il y a
tout d’abord des espèces qui viennent d’Afrique et qui ont été introduites dans
l’île vers 1715-1718. Ce café est appelé Bourbon Rouge, il existe aussi le
Bourbon Jaune, a été exporté par la suite et est produit au Guatemala. Il est
aujourd’hui le meilleur café au monde selon les spécialistes.

Dans son
ouvrage, l’écrivain nous parle également d’autres cafés locaux tels que Arabica
Myrte, Arabica Moka, Arabica Don Felice, eux aussi introduits sur nos terres
par la main de l’Homme.

 D’après les connaisseurs,
un des meilleurs cafés au monde

 Enfin,
café qui nous intéresse particulièrement, le Pointu de Bourbon
« et
non, café Bourbon Pointu »,
insiste
l’auteur. Selon ce dernier, cette espèce serait endémique de La Réunion et
aurait subi des mutations avant l’arrivée de l’Homme. À travers ces propos, il
contredit un certain nombre d’écrivains qui pensent que le Pointu de Bourbon
serait, comme les autres espèces de cafés, introduit par l’Homme. On ne trouve
ce café qu’à La Réunion et il en existe 3 variétés : le Pointu de Bourbon
Ti-bœuf, Pointu de Bourbon Ti-canot et Pointu de Bourbon Ti-grain. Les tests de
saveur du café Pointu de Bourbon Ti-canot réalisés par la maison Malongo
(compagnie méditerranéenne des cafés) révèlent que ce café est un des
meilleures au monde. Selon cette compagnie,
« ce produit
présente la spécificité d’être fin, délicat et très parfumé. Son acidité est moyenne,
le corps et l’amertume sont faibles. On note une touche de vanillé, c’est un
produit très singulier, de grande qualité. Il est le meilleur échantillon que
nous ayons réceptionné à ce jour de La Réunion ».
Le Pointu de Bourbon a été noté à 7 sur
9 alors que le café Blue Moutain de Jamaïque a récolté un 6 sur 9, or, le Blue
Moutain est un café de renommée mondiale et se négocie à environ 267 euros le
kilo. Nous abritons donc au sein de notre île un café à la couleur de l’or.

Nous
avons eu le privilège de goûter à ce breuvage odorant et chaud, il est en effet
excellent. Mais pour obtenir ce résultat, M. Rivière nous explique qu’il
faut savoir le chercher, le planter, le cueillir, le sécher et le torréfier, il
y a un cahier des charges à suivre à la lettre.

 L’avenir du Pointu de
Bourbon

 D’après
les membres de l’APN, il est impossible de produire ce café à grande échelle.
L’exportation n’est donc pas à l’ordre du jour. En effet, il faut savoir y
faire avec ce café.

Qu’on le
plante ici ou là, il n’aura pas la même saveur, il faut savoir le planter au
bon moment, le cueillir manuellement, le faire griller dans notre bonne vieille
“marmite kafé”. On l’a bien compris, ce café demande du temps, il a besoin
d’être “chouchouté”, il réclame toute notre attention.

Marc
Rivière et l’APN préconisent que le café soit planté dans les jardins
réunionnais, qu’il soit cultivé, récolté et préparé de façon artisanale pour
être ensuite vendu par chacun immédiatement aux Réunionnais eux-mêmes ou aux
touristes, s’il y en a encore.

De cette
manière, les Réunionnais pourront bénéficier de la plus-value générée par les
fruits de cette plante endémique de notre île.

Il est
donc important de préserver la qualité et l’image d’excellence de notre “kafé
péï”.



Point de vue d’un amateur…

Il y a près de 9 ans maintenant, je tombais dans la passion du café !

Le vrai café le café péi comme on dit si bien à la Réunion.

 Aujourd’hui, je suis satisfait que l’on parle plus du café à la Réunion, la relance du café pointu a permi toutefois des retombées positives et certaines négatives.

Ce qui est positif, pour les curieux qui ne connaissaient pas grand chose de son histoire et sa saveur sachez maintenant qu’on parle du café partout pas n’importe lequel le café pointu !

En effet, il a suffit d’un concours en 2000 pour qu’une association puisse récupérer des semences du café si recherché.

Ces semences ont été gracieusement offert par des habitants qui possédaient de vielle souche de café dans leur jardin.

 

Le Pointu n’existait pas dans tous les jardins, et aujourd’hui tous les Réunionnais parle de ce café et ils savent grâce au battage médiatique que c’est un bon café mais où le trouver ? Dans les épiceries fines ? A quel prix ?

Qui s’enrichie sur notre patrimoine encore une fois, une multinationale.

Et au fait par pitié, arrêtez d’appeler ce café Bourbon Pointu, ce n’est pas un Bourbon !