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LA MISE EN VALEUR DU CAFE MARRON A BOURBON (suite de notes sur le café marron)

Posté le 24 avril 2009

 

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La mise en valeur du café marron

Quand la nouvelle eut été apportée en France de la découverte en 1715, d’un caféier indigène et du succès de l’introduction, cette même année, que quelques plants venus de Moka, l’indifférence de la Compagnie des Indes professait à l’égard de Bourbon fit place à un sentiment qui n’était pas encore de l’enthousiasme mais qui n’était plus du dédain, et, dans le courant 1717, les directeurs de cette société élaborèrent un plan rationnel de mise en valeur de l’île.

Tout d’abord la mise en valeur du café marron en culture dès 1715 se motive par le passage du Chasseur qui livre les premiers plants et cette décision est prise sur place par les habitants et leurs représentants.

Sans nul doute, le café est adapté au terroir vu l’existence en grand nombre d’arbres de caféiers sauvages mais celui d’arabie doit s’acclimater et tout pousse à croire que les habitants portent un estime à cultiver et faire connaître le leur.

Ils pensent proposer un autre produit une autre saveur que celle d’Arabie que les palais Parisiens connaissent déjà.

 Sur l’initiative du Gouverneur Parat, le Conseil Provincial se réunit pour en délibérer le 11 novembre 1715. Le Gouverneur suggéra que, vu l’importance » d’un événement aussi avantageux » que la découverte de café faite en cette île, il était urgent d’envoyer quelqu’un en France tant pour informer la cour… que pour donner les éclaircissements qui pourraient être nécessaires sur ce qu’il y aurait à faire dans une pareille conjucture. Les conseillers convinrent que l’on s’explique toujours de vive voix que par lettre et après avoir sérieusement réfléchi sur les qualités nécessaires de celui que l’on doit envoyer, ils opinèrent que personne n’était plus qualifié que « monsieur le gouverneur lui-même dont la capacité, l’expérience, le zèle pour l’avantage du royaume et pour le bien de l’île donnent lieu aux habitants d’espérer un heureux succès de son voyage.

 

Parat propose à Jean Baptiste Dalleau un habitant de l’accompagner et confie l’intérim du gouvernement au garde-magasin Henri Justamond.

Il profite de la relâche de l’Auguste à Bourbon, mais l’Auguste d’où vient-il ?

 

Partis de Moka après le chasseur qui introduit les premiers arabicas dans l’île en 1715, l’Auguste arrive à Bourbon le lendemain du départ du Chasseur pour Saint-Mâlo.

En effet, ce dernier jette l’ancre à Saint-Paul le 25 septembre et reprit la mer le 17 octobre tandis que l’Auguste arrive le 18 pour repartir le 14 novembre vers la France.

 

Henri de Justamond

 

4 décembre 1715 – 14 février 1718

 

Encore un intérimaire de qualité Ce garde-magasin remplaça Antoine Parat de Chaillenest, en mission en France, jusqu’à l’arrivée en 1718 du nouveau gouverneur Joseph Beauvollier de Courchant.

 

S’il exerçait le pouvoir depuis le 14 novembre, il ne fit sa première apparition officielle que le 4 décembre quand il convoqua le Conseil Provincial. Il fit décider que tout homme de la colonie, blanc ou noir de plus de 15 ans planterait 100 plants de café qu’il irait chercher dans la forêt.

 

En bon serviteur de la Compagnie il obtient sans état d’âme la prise de possession de l’lsle de France le 20 septembre 1715 et la promulgation de l’édit d’août 1717 portant création de la nouvelle Compagnie des Indes. Bourbon paraît insensible à ces événements qui auront une incidence sur son destin. Et les 2 000 habitants persistent à croire en ce café Bourbon ou café marron à l’arôme sauvage. Mais la clientèle européenne fait la moue et lui préfère le café des Antilles – du vrai café d’Arabie.

 

C’est Desforges Boucher qui va faire l’éloge de Justamond lors de la cérémonie d’installation du Conseil Supérieur le lundi 18 septembre 1724. Boucher alors gouverneur ne manquera pas de témoigner ses regrets « sur la perte que la Compagnie faisait d’un si bon sujet ». Discours de complaisance usuelle marquant le départ des vieux serviteurs ? Les deux hommes se connaissaient bien. Boucher faisait partie de l’équipe de Beauvollier pour l’Opération Café avec Champion et Duronguët le Toullec. Ces hommes vont relayer les efforts de Justamond en créant une pépinière de 7 800 plants de café d’Arabie à St-Paul.

 

L’arrivée de Parat en France

 

« L’Auguste s’amarre le 18 avril 1716, ou plus vraisemblablement de Morlaix où il fit escale depuis le 22 mars jusqu’au 11 avril. Parat gagne Paris flanqué du fidèle Dalleau.

Les nouvelles qu’ils apportaient les avaient précédés et l’on avait sans doute hâte d’en apprendre les détails de leur bouche. »

Parat fut invité à rédiger plusieurs rapports sur Maurice et Bourbon et les directeurs soumirent Dalleau à un véritable interrogatoire touchant les ressources que pouvait recéler son île natale.

 

On apprend aussi dans l’ouvrage d’Albert Lougnon que des montres de café indigène ceux rapportés par Parat avaient été éprouvés par Jussieu, que c’était à n’en pas douter du vrai café, supérieur peut-être à celui de Moka.

 

« La question de la mise en valeur de Bourbon spécialement par la culture du caféier et du poivrier aboutit en revanche à des décisions immédiatement applicables (…)

Comme il se doit le caféier, le poivrier et les épices en général faisaient l’objet de recommandations spéciales. »

 

« La différence entre le café caféier indigène et le caféier de moka n’était pas encore manifeste.

Certes les graines qu’avaient rapportées l’Auguste et le Chasseur paraissaient plus longue et plus grosses que celles du caféier d’Arabie. »

 

Les colons jusqu’à l’heure cultivateur reçoivent à partir de 1717, de nouvelles directives à la fois par rapport au souhait de mise en valeur du café sauvage défendu à Paris par Parat mais ces derniers seront surtout subjuguer peu d’années ensuite par l’expansion des cultures du café de Moka qui donnent à l’histoire de cette île ses premières grandes caféières. Ces colons a qui on a miroité un enrichissement rapide par les gains résultant de la vente du café de Moka acclimaté dans l’île.

 

La culture du café d’Arabie fait parti du plan de colonisation de 1717 qui façonne l’île également par de nouvelles concessions qui seront octroyées.

Toutefois un café pousse à l’ombre de l’autre et on peut dire que grâce à la visite de Parat à Paris, le café sauvage n’est pas oublié, des décisions sont prises également et touchent le domaine de sa mise en culture.

Devra t’on organiser des ramassages, pourra t’on l’acclimater dans les parties basses à proximité des habitations, se vendra t’il bien ? y aura t’il une clientèle susceptible d’acheter ce café ?

Au moment présent on s’entiche à le mettre en culture.

 

Le café sauvage va entrer dès lors dans le circuit commercial et après ceux produits et vendus par les colonies hollandaises et celui de Moka, il sera le 3ème café et en plus une variété nouvelle  à entrer dans l’histoire de la production caféière de l’Europe.

Il s’installe dans un marché qui ne sera peut-être pas facile à convaincre car les palais européens se sont habitués au goût du café de Moka. De plus les Arabes ont maîtrisé les conditions de préparation des graines et donnent par leurs soins apportés au séchage et à l’emballage des conditions idéales de préservations du café quand on sait que les voyages durent 9 mois et que les armements s’échelonnent sur deux années parfois trois. Encore faut’il qu’il n’est pas de tempête qui puisse mettre en péril les stocks de café en cale.

C’est avec élan que les colons bourbonnais vont se mettre au travail et dit-on il semble intéressé les voyageurs qui passent*.

Les esprits se mettent en mouvement pendant ce temps sur l’île car dès le départ de Parat le Conseil Provincial avait ordonné aux colons de récupérer des plants dans la forêt la distinction se fait même sur la nature des planteurs car qu’ils soient blancs ou noirs, tout le monde avait pour obligation de retirer 100 plants dans la forêt.**

 

*Voir ultérieurement la vente qui a eut lieu à des voyageurs étrangers de passage dans l’île

** Le café marron se reproduit facilement car chaque fruit qui tombe peut donner naissance à un plant de café par contre sa croissance est lente en milieu forestier et point de vue de la fructification les branches qui fournissent les graines sont les branches hautes quand on sait que l’espèce va essayer de grimper en hauteur emprisonné par un sous bois dense. Cependant les branches se plient facilement.

La cueillette est difficile car les grains mûrs tombent rapidement au sol.

La coque n’a pas le temps de sécher que les graines en ressortent aussi vite et pour le ramassage au sol, on ramasse plus souvent des graines en  parche que des graines conservées dans leur coque.

 

Les premières directives de plantations du café sauvage

 

Les recommandations sont les suivantes :

 

Deux optiques sont mises en œuvre, le ramassage (1) et la mise en culture (2)

 

La vigilance qui est de rigueur concernant les soins prodigués aux plants introduits d’Arabie, il fallait aussi entourer le caféier indigène de soins.

 

Pour ce qui est du ramassage, les colons doivent améliorer leur déplacement dans les bois et surtout dégager les arbustes des plantes qui les étoufferaient ou des herbes qui dérobent leurs substances. Un soin est donc apportés à ce que par l’intervention de l’homme dans le milieu forestier le café sauvage puisse donner naturellement un meilleur rendement.

La cueillette est organisé et il devront les rapportés aux magasins pour en faire la vente.

Le prix de vente de l’habitant au magasin est fixé à six sous la livre.

 

La mise en culture permet d’accroître également les espérances d’enrichissement et d’augmentation de la production en complément des revenus et des quantités que peuvent amener le ramassage.

 

« Suite à la décision du Conseil Provincial, les colons doivent transplanter les arbres les plus jeunes tout en observant si on coupait le pivot on n’obtiendrait pas un café de meilleure qualité. »

« Ils devaient également suivre les conseils sur la façon d’irriguer les plantations et de faire sécher le café en s’inspirant des méthodes pratiquées en Arabie. »

 

Justamond qui prend la responsabilité de la petite colonie rappelle dès le 4 décembre 1715, suivant les ordres laissés par Parat que « Chaque homme travaillant tant blanc que noir, depuis l’âge de quinze ans juqu’à soixante », serait tenu d’en cultiver 100 plants qu’il irait prendre dans les bois et replacerait en terre à cinq pieds de distance les uns des autres.

Ils devront également cueillir une livre de ce café sauvage pour être remis sec et net au commandant de l’île « au plus tard à la Notre Dame de Mars »

(op. cit. page 81,91,115, Albert Lougnon/ l’île Bourbon pendant la Régence)

 

 

La première vente de café sauvage en 1717 et l’escale du Jupiter

 

Justamond se trouvait ainsi en possession d’une petite quantité de café cru quand en avril-juin 1717, firent escale à Bourbon trois vaisseaux qui rentraient du Pacifique en Europe : le Jupiter, le Marquis de Maillebois et le Comte de Lamoignon.

Guy de la Barbinais passager à bord du Jupiter rédige un ouvrage « Nouveau voyage autour du mode » qui paraît 1719 et dans lequel il raconte ce que cet armement a vécu durant leur passage dans l’île pour durée de 5 mois.*

 

« Le café a été découvert depuis peu de temps dans cette île. Cette plante est sauvage à la vérité, mais l’on croit que lorsqu’elle sera entée, son fruit sera aussi beau que celui qui vient du Levant. M . Parat, gouverneur de cette île, a lui fait un voyage en France pour faire part à la Compagnie des Indes de cette découverte et pour convenir des moyens de la rendre utile.

Le café sauvage est plus beau et plus gros que celui de Moka, mais le goût moins onctueux et plus amer. Cependant si les habitants qui étudient avec soin le temps propre pour enter cette plante sont assez nombreux pour réussir quelque jour, on pourra faire alors un grand commerce de café, à cause de la qualité de ces plantes. »

 

L’ayant expérimenté, la compagnie reconnut que ce café « dont partie a été ramassée sur terre après avoir essuyé les injures des saisons, partie a été arrachée des arbres avant la maturité…était du café dont la culture corrigera les petits défauts »

 

 

Après avoir séjourné cinq mois donc dans cette île, le jour de départ se fixa au 20 de septembre de la même année.

 

« Durant ce séjour, les voyageurs firent honneur à ce produit en le dégustant et avant leur départ, le sieur de la Perche, commandant le Marquis de Maillebois, voulut bien se charger d’un ballotin d’une cinquantaine de livres que Justamond expédiait pour montre aux directeurs de la Compagnie.

D’Ostende où le navire jeta l’ancre le 10 juin 1718, l’échantillon a été envoyé à Paris, via Dunkerque, après avoir failli être confisqué par la Ferme générale pour la raison que conformément à l’arrêt du Conseil d’État du 12 mai 1693, le café ne pouvait entrer en France par un autre port que Marseille.

Ce café fut soumis par Lecordier (directeur de la Compagnie) à l’examen d’Antoine de Jussieu en même temps que quelques autres drogues de Bourbon. L’opinion d’Antoine de Jussieu fut en tout point conforme à celle de Desforges-Boucher. Jussieu paraît a voir été en relation  à cette époque avec un chirurgien établi à Mascarin, Jacques Macé, d’Hennebont.*

 

 

* Deux échantillons seront envoyés à Paris à destination des responsables de la Compagnie, le premier à bord du Jupiter en 1718 et un second plus tard à bord du Dauphin.

 

 

« Desforges-Boucher fut nommé pour assurer la mise en œuvre de ce plan de colonisation et quitte la France en février 1718. L’armement mouille à Saint-Paul en juillet et y déposa Desforges-Boucher, Champion et le Toullec.

Toutefois Justamond ne fut déchargé de sa régie que le 26 novembre suivant. »

Un quatrième armement du consortium Malouin avait été organisé en 1717 à destination de Moka. Sous le commandement de François de la Bouexière, l’ancien capitaine de l’Auguste, le navire été partit de Saint-Mâlo le 9 mars 1717.

 

(aueur cafépéi)

 

 

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