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NOTES SUR LE CAFE MARRON 4ème PARTIE (Le café sous desforges-Boucher)

Posté le 24 avril 2009

IV Le café sous Desforges-Boucher

En 1720, Desforges-Boucher est l’auteur d’un inventaire plus particulièrement en octobre de cette année dans lequel il fait état des productions de la colonie.

Desforges a observé et dans le moindre détail l’évolution de la culture du café de Moka et du café de Bourbon.

Il met en pratique et donc émet des conclusions très sérieuses sur le sujet.

Il décrit de nouveau la plante(1), puis parle des cueillettes effectuées(2)et chose que les amateurs, défendeurs décris auparavant n’ont pas faîte encore c’est une explication sur la torréfaction, il donne même les consignes à adopter afin de préparer un bon café(3) et en dernier lieu il déclare lui-même garder peu d’espoir que ce café connaisse un essor même si des navires de passages le trouvaient supérieur par rapport à celui de Moka, le café indigène n’est pas promit à un bel avenir sur le plan économique, des difficultés s’enchaînent car d’une part le rendement dû à la cueillette n’est pas à s’en féliciter d’autre part, l     a transplantation conduit à une végétation de ces caféiers.

A l’époque de Desforges-Boucher, des quantités vont être vendus à quelques navires qui passaient (4).

 

 Description du végétal

 

1) Desforges-Boucher indique que sauf par la fleur, l’arbuste indigène ne ressemble pas à celui de Moka. La feuille du café sauvage est plus petite et plus étroite et le fruit lorsqu’il est encore recouvert de sa peau est semblable par la forme et la couleur, mais la graine est plus pointue à une extrémité.

« Le caféier naturel se rencontre dans les hauts »beaucoup au-dessus des hautes habitations « soit vraisemblablement à partir de 600 mètres d’altitude, dans la région de Saint-Paul. C’est entre septembre et novembre que les baies mûrissent.

Elles sont alors d’un violet foncé et ne tardent pas à se fendre.

Les oiseaux et surtout une espèce de grive ou plus exactement un turdidé comme elle, le merle de Bourbon très friand de cette peau fort tendre et fort douce, précipitent la chute des graines.

 

2) La cueillette :

Elles se perdent dans les herbes. Pour le prévenir, on cueille les baies avant leur parfaite maturité, ce qui est cause, croit-on, de l’amertume excessive qu’on trouve au café indigène. Il semble que cette amertume s’atténue au bout de trois ou quatre ans, » mais la fève garde toujours une dureté coriace qui empêche de la pouvoir couper sous la dent. »

 

* op. cit. page 148,149, Albert Lougnon (l’île Bourbon sous la Régence)

3) Le brûlage :

 

C’est une opération délicate.

Desforges-Boucher décrit alors pour la première fois dans un rapport de Gouverneur les vertus de la torréfaction du café sauvage, nul avant lui avait traité un tel sujet, plus tard Antoine de Jussieu lui aussi expérimentera la torréfaction du café sauvage et en parlera dans son analyse sur les principales drogues de Bourbon.

Vu l’étendu de l’amertume du café sauvage, (parce qu’il est cueilli avant sa maturité parfaite) on sait que pousser la torréfaction d’un café vers l’aspect noirâtre amène systématiquement plus d’amertume.

Aussi, on ne pourrait même pas le boire si on ne respecte pas ce degré de torréfaction.

« Il ne faut pas le pousser jusqu’au noir mais retirer les graines du feu lorsqu’elles ont acquis « un certain œil rissolé et jaunâtre » »

Desforges-Boucher conseille également de réduire le café grillé en une très fine mouture.

« Et pour la même quantité d’eau, employer un tiers de moins que de café de Moka.

Le breuvage a plus de force aussi ! »

Il décrit également le breuvage et parle de la substance huileuse qui flotte sur le café.

Cette même substance se précipite dans la première tasse versée de café d’Arabie, elle s’observe sur toutes celles qui sortent de la cafetière contenant le produit indigène.

La pointe d’amertume selon ce dernier se dissipe avec le temps.

Il termine sa description du breuvage en signalant que les plus fins connaisseurs ne pourront en aucune manière distinguer le café naturel de l’île de celui de Moka.

 

Par contre, il ne donne pas d’information sur la méthode de séchage et le temps de séchage qu’il a pris pour le faire. Si les Colons devaient au plus tard à la Dame de Mars rapporter les graines au magasin, le temps de séchage a été alors largement suffisant quand on sait que les dernières graines sont ramassées en novembre.

 

4) Et le café sauvage continue à éblouir certains voyageurs de passage 

 

« Certains voyageurs le placent même au dessus, disant qu’il est semblable à celui d’Ethiopie, d’où serait venu le caféier d’Arabie.

Le Capitaine de la Concorde, un navire d’Ostende qui se trouvait en rade en septembre 1720, a payé 12 sous une partie de la récolte de 1719, et a même enlevé le rebut à raison de 8 sous.

Avant lui des Anglais l’avaient payé entre 15 et 20 sous en argent, 30 même pour sa contre-valeur en marchandises.

Beauvollier de Courchant est lui aussi confiant et il est sûre que les Directeurs partageront son avis lorsqu’ils auront éprouvé le contenu des deux sacs de cinquante livres chacun que les administrateurs confient au capitaine du Dauphin.

Il a laissé dans l’un des deux ballots des graines de café avec leurs pellicules.*

 

C’est le deuxième échantillon qui sera envoyé aux responsables de la Compagnie en France.

 

 

* Le café se conserve encore mieux une fois séché et gardé dans sa coque. La pellicule dont il parle est en fait  l’endocarpe.

 

Que deviendra cet échantillon 

 

Comme l’échantillon qui est remis au Capitaine du Jupiter de passage dans l’île en 1717 remis aux directeurs de la Compagnie cet échantillon qui part avec le Capitaine de l’Auguste va connaître lui aussi un problème d’acheminement.

Ces deux colis arrivent à Lorient en mars 1721 et ils firent retenus par les commis des fermiers généraux, comme l’avaient été à Dunkerque, en 1718, l’échantillon rapporté par le Marquis de Maillebois. Ces colis sont en plus les plus beaux qu’ils ont cueillis à ce jour*

Il fallut un ordre du contrôleur général des finances Le Pelletier de la Houssaye pour qu’ils fussent acheminés sur Paris.**

 

Le café sauvage ne connaît pas vraiment un grand succès et de plus son amertume, le faible rendement et l’image de marque que possède le café de Moka ralentissent les espérances, même Desforges-Boucher qui sera l’un des moteur de la mise en place de la culture du café garde peu d’espoir et est même inquiet des essais de plantations qui partent à la dérive.

Des voyageurs passent le goûtent même en achètent et rapportent des échantillons pour les Directeurs de la Compagnie, à Paris, un scientifique s’accorde à lui donner une explication botanique et le teste lui-même(voir ci-après), d’ailleurs sa description rejoint celle de Desforges-Boucher qui laisse dans son mémoire des détails et des informations pointues sur le café sauvage, il en a fait une étude précieuse. Beauvollier de Courchant se flatte par contre des récoltes de 1718 dûes à la cueillette. Mais, la culture ne va pas s’arrêter, la cueillette ne va pas non plus disparaître mais on peut dire que depuis Parat jusqu’à Desforges-Boucher il y a très peu d’année qui passe mais ces années sont riches en avancée et la contribution est claire afin de développer et de faire connaître le café de Bourbon, mais ce café pousse à l’ombre du Moka à qui on va donner des priorités et il faut être clairvoyant qui voudrait d’un café amer ? Les méthodes ne sont pas non plus très bonnes car le ramasser vert atténue la saveur d’un bon café quel qu’en soit le café !

L’histoire continue et elle va entraîner avec elles d’autres acteurs tel que les Gouverneurs qui vont se succéder et n’oublions pas que deux échantillons vont être attribués à un certain Jussieu que nous connaissons déjà.

 

 

* : op. cit. page 150/ Albert Lougnon (l’île Bourbon sous la Régence)

** : op. cit. page 149/ Albert Lougnon (l’île Bourbon sous la Régence)

 

 

 

Portrait de Beauvollier de Courchant et de Desforges-Boucher

 

 

Joseph de BEAUVOLLIER de COURCHANT

 

6 septembre 1718 – 22 août 1723

 

Ce lieutenant de frégate devenu Commandant des troupes à Pondichéry après avoir été gouverneur de Bourbon et gouverneur-général des deux îles n’entendait rien au commerce. Homme attachant, modeste, il savait en vrai chef apprécier le mérite des collaborateurs et déléguer son autorité. Desforges-Boucher fit d’ailleurs ses premières classes sous sa direction. Après plus de 25 ans de services intelligents rendus à la Compagnie, il rentra à Lorient « plus gueux » en juin 1727 qu’à son départ pour les Indes en 1703. Beauvollier de Courchant fut envoyé à Bourbon en 1718 pour mettre en place l’épopée du café. Avec une équipe de qualité (Desforges-Boucher comme second, Champion et Duronguët-Le Toullec) il fit bien plus que remplir son contrat. La Compagnie n’entendant pas mettre tous ses oeufs dans un même panier, l’engagea à inciter les habitants à pratiquer une polyculture riche : poivre, coton, cannelle, en attendant le girofle et la muscade. De plus, il a le devoir de procurer aux navires de la Compagnie des rafraîchissements « en abondance et à bon compte » jusqu’au moment d’exploiter l’Isle de France.

 

Il devait également inciter les habitants à se livrer au commerce d’Inde en Inde que la Compagnie ne faisait pas elle-même mais qu’elle souhaitait voir les colons entreprendre. Un homme de cette trempe était promis à des fonctions plus hautes. En 1723 il fut promu au gouvernement de Pondichéry.

 

Bourbon lui doit le café et les prémices d’une politique de communication terrestres. En effet, à son initiative, le 24 novembre 1718, le Conseil Supérieur de l’île ordonna au Major Champion de baliser la voie la plus praticable de la Montagne pour relier St-Paul à St-Denis.

 

Antoine Desforges-Boucher :

 

23 août 1723 – 1er décembre 1725

 

 

Antoine Desforges – Boucher est le seul gouverneur de Bourbon avec un alias. D’origine « incertaine », Antoine Boucher resta à Bourbon par accident. Lors d’une escale, le Gouverneur de Villiers lui proposera le poste de garde-magasin après le décès de René le Pontho. Il occupera ces fonctions de 1702 à 1709. Il repartit en France avec une fortune gagnée au jeu. On prétendit qu’il fit saisir de nombreux biens pour dettes de jeux. Il sera également heureux en amour. Ce misogyne qui s’encanailla avec Marie Touchard – dont il eut un fils- va épouser, pour l’amour, Renée Gouzrone. Veuf, il va faire un mariage de raison en épousant Charlotte Duhamel, nièce d’un futur Directeur de la Compagnie des Indes (d’Hardancourt). Pour ce joueur, ce fut son plus beau coup Ce Tartuffe qui va « se blanchir aux isles » sera candidat au poste de Gouverneur de Bourbon en 1718, mais la Compagnie lui préférera de Courchant. Même sa nomination comme Lieutenant sur proposition de la Compagnie des Indes fut contesté par le Conseil de Marine. Il avait mis son veto arguant « convenant de mettre dans un pareil poste un homme dont les services et la naissance soient connus ». Position partagée par le gouverneur Parat qui écrit « le nommé Boucher, homme de basse extraction qui passa aux Indes, en 1698 était valet du Sieur de Séguier, capitaine de Frégate… s’était attiré le mépris des habitants de Bourbon par sa mauvaise conduite et il ne pourra avoir l’autorité nécessaire pour les contenir dans leur devoir ».

 

En juillet 1718 il sera l’adjoint de Beauvollier de Courchant puis, Gouverneur 1723 à 1725. Il fit un excellent administrateur. Il meurt le 1er décembre 1725 à 42 ans au moment où il allait être relevé de ses fonctions par la Compagnie, exaspérée d’attendre les recettes du café.

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