NOTES SUR LE CAFE MARRON IIème PARTIE

Posté le 24 avril 2009

 

 

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II Récits de voyage de l’époque

Deux récits de voyage sont présentés ci-dessous un de 1708 pour voir si on avait déjà découvert le café marron avant la visite d‘ Hardancourt en 1711 et le récit de l’armement de la Paix et du Diligent 1711 avec relâche dans l’île en 1713.

 Il semblerait que le café sauvage découvert dans les hauts de l’île que l’on nommera plus tard café marron ou coffea mauritiana ai été découvert avant la visite dans l’île d’ Hardancourt. (1/)

Mais le café marron a t ‘il été rapporté avant la visite d’Hardancourt en 1711 ?

Il est difficile de situer dans le temps la première identification par qui que ce soit de cette espèce mais on sait que l’existence de cette espèce est présente dans le mémoire d’Hardancourt et repris quelques années après par Antoine de Jussieu qui se base sur les récits de l’armement qui revient d’Arabie. Il reçoit les témoignages de Lagrelodière.

On peut donc supposer à ce moment là que l’histoire de la découverte refait l’actualité.

Comment le café sauvage refait parlé de lui en 1713 et bien le journal de l’armement précise qu’un rameau de café a été emporté dans ce voyage de retour et c’est à ce moment là que les habitants de l’île qui en découvrant ce rameau sont allés cherché dans les bois une branche chargé de café sauvage. Lagrelodière dès son retour en France s’entretient avec Gaudron Maître Apothicaire qui lui-même rend compte à Antoine de Jussieu des différentes drogues qui poussent à Bourbon dont le café sauvage.

1/ L’armement de 1708 à 1709 raconté par Jean de la Roque dans voyage dans l’Arabie Heureuse :

Selon Albert Lougnon, dans l’île Bourbon sous la Régence, il écrit « Pas plus que la Princesse de Savoie et le Bourbon en 1702, le Curieux et le Diligent en 1709 ne déposèrent à Mascarin de plants de caféier d’Arabie, et leur passage ne s’accompagne d’aucune remarque sur une variété qui crût spontanément.

Jean de la Roque n’y fait aucune allusion. Aucun document de l’époque ne mentionne l’existence de cette espèce sauvage. De plus il avoue ne pas avoir été du voyage.

Qui est Jean de la Roque ?

Il publie en 1716 l’ouvrage : Voyage de l’Arabie heureuse par l’océan oriental, et le détroit de la Mer Rouge

Cet ouvrage raconte les armements des Français qui partent pour l’orient dans les années 1708, 1709 et 1710 avec une relation particulière d’un voyage fait du port de Moka à la cour du Roi du Yémen, dans la seconde expédition des années 1711, 1712 et 1713. Un mémoire concernant l’arbre et le fruit du café, dressé sur les observations de ceux qui ont fait ce dernier voyage. Cet ouvrage parle du traité historique, de l’origine et du progrès du café, tant dans l’Asie que dans l’Europe; de son introduction en France, et de l’établissement de son usage à Paris.

Liste des pays traversés : France. Espagne. Ile saint-Vincent. Ile de l’Ascension. Cap de Bonne-Espérance. Madagascar. Socotora. Abyssinie. Arabie.Yémen. Maldives. Açores.

Liste des villes traversées : Brest. Saint-Malo. Cadix.

 Résumé : L’objet du voyage de ce groupe de commerçants français était d’établir avec les cours princières d’Aden et de Moka des accords en vue de faciliter le commerce du café. Outre la description du trajet à effectuer et celle des modalités de la négociation, l’auteur nous fait celle des moeurs des Yéménites autant hommes que femmes. Mais pour revenir à son propos, il décrit encore longuement l’arbre à café, sa culture, son fruit, et l’usage qu’il est possible d’en faire.

Jean de la Roque rédige cet ouvrage mais il ne fait pas parti du voyage. Il le précise lui-même « qu’il n’a pas pris part à l’expédition ’  »(cit. page 201, Albert Lougnon, sous le signe de la tortue) « il déclare lui même n’avait pas pris part de cette expédition, mais il mit en œuvre les rapports présentés au greffe de l’amirauté de Saint-Malô par des personnes qui en avaient eu la conduite, spécialement par le sieur Gollet de la Merveille ».

Cit. page 201, Albert Lougnon sous le Signe de la Tortue.

Albert Lougnon publie dans cet ouvrage un extrait du livre celui qui parle de l’escale à Bourbon. C’est un texte riche en information tant sur le point de la description de l’île, de son peuple donc du contexte de l’époque tant aussi sur les conditions de cette escale.

Le principe n’est pas ici de parler de l’intégralité de cet article mais d’inviter les curieux à le lire.

Voici ce que l’on peut savoir de cette escale et qui nous permet de situer le sujet.

Les membres de l’armement sont clairs et avouent ne pas avoir demeuré longtemps à Mascarin et le fait que les hommes de ce voyage n’ ont pas pu apprendre tout ce qu’il y a de remarquable

Rappel :

L’armement qui nous concerne ici dans le sujet est celui de 1708 à 1710, voici son parcours :

1708 : Départ du Diligent et du Curieux

Janvier 1709 : Atteignirent Moka

Août 1709 : Quittent l’Arabie

Décembre 1709 : Arrive à Bourbon

Mai 1710 : Retour a Saint-Malô

2/ L’armement de 1711 avec relâche à Bourbon en 1713 :

On pourrait dire que le café sauvage de Bourbon entre dans le domaine scientifique à cette période. Antoine de Jussieu puise le contenu de son récit grâce à un certain GAUDRON installé à Saint-Mâlo qui lui-même entre en contact avec les personnes étant du voyage et entre autre Lagrelodière (aide-major à Pondichéry) qui a participé à la mission sanitaire en Arabie.

L’arrivée de cet armement de 1713, attire les curiosités, « car rarement vaisseaux suscitèrent une curiosité aussi vive que celle que provoqua la rentrée de ce bâtiment ».

(op. cit. page 63/l’île Bourbon sous la régence/Albert Lougnon.)

 

Antoine de Jussieu grâce au maître apothicaire Gaudron s’intéresse à la description du caféier d’Arabie sujet plus important pour l’époque mais ces relations scientifiques avec Gaudron vont aller plus loin que ce que l’on pouvait rencontrer en Arabie en matière de plante, Gaudron lui adresse aussi les premières traces écrites de l’existence du café sauvage qui serviront à l’intérêt scientifique.

 Antoine de Jussieu est donc le premier à avoir publié une mention sur la découverte du caféier indigène de Bourbon.

 Deux articles sont tirés du recueil trimestriel de 1936 tome II (Pour servir à une meilleure connaissance de l’histoire de Bourbon)

a)      Histoire de l’Académie Royale des sciences année 1716 :

« Les habitants de l’île Bourbon près de celle de Madagascar ayant vu par un navire françois qui revenait de Mocha en Arabie des branches de caféier ordinaire chargées de feuilles et de fruits, ils reconnurent aussi tôt qu’ils avoient dans leurs montagnes des arbres tout pareils et en allèrent chercher des branches, dont la comparaison convainquit nos gens. Seulement le caffé de l’île Bourbon est plus long, plus menu, plus vert que celui d’arabie et l’on dit qu’étant torréfié  ou brûlé il a plus d’amertume »

 (année 1716, paris, Imprimerie Royale, page 34)

 

b)      D’autre part, les procès verbaux de l’Académie (séance du 25 avril 1716, f°133) contiennent la lettre suivante :

Extrait d’une lettre écrite de Saint-Malo, le 5 avril 1716, par le sieur Gaudron, maître apothicaire de cette ville, à M. de Jussieu.

 

« Vous voulez Monsieur, que je vous fasse part de la découverte d’une nouvelle espèce de café qui croit naturellement dans l’isle Bourbon. Nous la devons à l’occasion que les habitants de cette île ont eue de voir des branches de caféier ordinaire chargées de feuilles et de fruits que quelques gens de nos navires revenant de Mocha et passant à l’île Bourbon montrèrent. Les habitants de cette île reconnurent à cette vue que leurs montagnes étaient remplies de ces mêmes arbres et que pour le leur prouver allèrent leur en chercher des branches qui leur parurent conformes à ce genre de plantes, qu’ils ne purent douter que ce n’en fut une espèce qui, quoique différente de celle de toute la terre ferme de l’Inde, peut néanmoins suppléer au défaut de café d’arabie.

Il en diffère cependant qu’il est plus long, plus menu, plus vert, et que l’on dit qu’étant torréfié, il a une amertume plus considérable.

«Lorsque le Gourverneur de cette île en aura fourni une grande quantité en ce pays et qu’il aura communiqué les branches sèches et garnies de fruits, on pourra alors, par des expériences s’assurer de sa qualité et si l’amertume que l’on écrit qu’on y a remarqué n’est point un défaut en la torréfaction qui pourrait se corriger et donner à cette espèce un débit semblable à celle que nous connaissons, ce qui serait très avantageux pour ce royaume et pour cette colonie ».

 

 

M. Auguste CHEVALIER a reproduit cette lettre dans les caféiers du globe, fasc. 1, Paris, Le chevalier édit 1929 page 99.

Il signale qu’en 1721 le même Antoine de Jussieu avait reçus un échantillon de la plante produisant ce café qui lui avait été envoyé par la Compagnie des Indes.

 

Cette lettre est publiée dans la rubrique »Observations botaniques » qui est la première mention publiée de la découverte du caféier de Bourbon.

Qui est Antoine de Jussieu ?

Jussieu (Antoine de) naturaliste, né à Lyon en 1686, mort en 1758, était fils d’un apothicaire et manifesta de très bonne heure un penchant invincible pour l’étude de la botanique. Après s’être fait recevoir docteur en médecine à Montpellier, il vint en 1708 à Paris, puis fit un voyage botanique en Normandie et en Bretagne, fut nommé à son retour professeur de botanique au Jardin du Roi, en remplacement de Tournefort, enseigna la même science à la Faculté de médecine de Paris, en même temps qu’il exerçait avec grand succès comme médecin. Il fut admis en 1711 à l’Académie des sciences.

 

Antoine de Jussieu fit de savantes excursions dans la France méridionale, l’Espagne, le Portugal, es résultats de ses travaux dans les Mémoires de l’Académie des sciences. Il a aussi publié à part quelques petits ouvrages, notamment un Discours sur les progrès de la botanique, Paris, 1718. On lui doit une édition des Institutiones rei herbariae de Tournefort augmentées d’un Appendice (Lyon, 1719), et la publication des planches botaniques de Barrelier, auxquelles il joignit un texte (1714, in-fol.).

 

En 1772, le docteur Grendoger de Foigny publia, sous le titre de Traité des vertus des plantes, un cours de matière médicale qu’A. de Jussieu avait professé à la Faculté de médecine de Paris. C’est Antoine de J. qui fit le premier connaître la fleur et le fruit du caféier.
 

 

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